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  • Les Essences & Elles

La parentalité et sa dualité

Être parent, c’est devenir soi-même une contradiction.

Souhaiter qu’ils grandissent pour pouvoir souffler un peu, mais souvent espérer qu’ils restent petits lorsqu’ils disent «Parnourse» au lieu de «Pattes d’Ours» et que seulement ça est assez pour nous faire craquer. C’est avoir besoin de temps pour soi, mais s’ennuyer dès qu’on quitte pour une plus longue période et devenir fou/folle sur la prise de nouvelles auprès de la personne qui en a la charge. C’est avoir hâte qu’ils se couchent le soir et se surprendre à passer de nombreuses minutes à regarder des photos et vidéos d’eux lorsqu’ils tombent enfin dans les bras de Morphée et rire de bon cœur en regardant pour la 10e fois le même vidéo.

Être parent c’est un don de soi qu’on ne comprend jamais vraiment avant de l’être. Chaque personne, avant d’être parent a déjà dit : - je sais c’est quoi j’ai des neveux/nièces. – je sais c’est quoi les enfants viennent toujours vers moi et je les aime assez. – ça ne me dérange pas de me lever tôt le matin, je ne serai pas trop fatigué. Et j’en passe. Le fait est qu’on ne comprend jamais vraiment tant que l’on n'a pas les deux pieds dedans. «Tu comprendras ben quand tu auras des enfants» - a déjà dit chaque parent de ce monde à son enfant. Eh bien, surprise! Chacun de ces parents avait totalement raison.


Être parent, c’est de loin le rôle le plus demandant d’une vie. Un rôle qui commence à la vue de la petite ligne rose sur le bâton, un rôle qui ne se termine jamais. Un rôle sans pause, sans égard à l’âge de ton enfant. C’est connu : petits enfants petits problèmes, grands enfants grands problèmes ou, du moins, grandes inquiétudes. J’en suis la preuve vivante : j’ai 28 ans. Je suis maman de deux cocottes, belle-maman de deux cocos. J’ai un travail enrichissant. J’ai une hypothèque ET... j’ai une mère qui m’appelle encore malgré tout, en panique, quand ça fait deux jours qu’on ne s’est pas parlé au téléphone se demandant si je ne suis pas morte (mention à ma p’tite mère d’amour).

«Maybe in raising children you lose your mind a bit... but you find your soul».

La phrase citée plus haut est l’une des phrases les plus vraies qu’il m’a été donné de lire quant à la parentalité. Il nous arrive tellement souvent d’être au bout du rouleau, de s’asseoir en petite boule et de se demander : «mais quand est-ce que ça se calme tout ça ?». Et ce, juste après que ta plus grande t’ait testé toute la journée et finisse le tout en beauté en se coupant une bonne grosse mèche de cheveux question de s’assurer que tu te rappelles que la journée n’est pas finie (bien que je ne le souhaiterais pas, il s’agit d’une histoire vécue. Par chance, ma grande semble avoir des talents particuliers en coiffure, j’ai eu droit à un beau petit toupet!).

Mais, quand arrive le moment où chaque parent retourne voir son enfant dormir avant de se coucher lui-même (et sachant souvent qu’il part pour une nuit de multiples réveils) et qu’il voit sa petite face paisible dans son tout petit lit, il n’y a plus rien qui s’est passé dans la journée qui a de l’importance. À ce moment précis, presqu’à chaque fois, notre cœur est rempli de gratitude.

Tout ce long préambule pour finalement envoyer le plus gros des câlins aux parents d’enfants en bas âge (et plus grands aussi) qui traversent le confinement en même temps que cette période développementale des plus intenses qu'est la petite enfance, et ce, seuls. Seuls, oui même dans la fameuse bulle familiale. Seuls de ne pas ventiler avec d’autres parents autour d’un café chaud le dimanche matin pendant que la marmaille joue ensemble dans une autre pièce. Seuls de ne pas pouvoir sortir avec des amis au resto un soir où l’autre parent s’occupe de la troupe. Seuls d’aimer nos enfants plus que tout au monde, mais d’apprécier des conversations d’adultes qui n’impliquent pas juste de répéter 68 fois à quelqu’un de marcher avec les ciseaux. Seuls de ne pas avoir aucune journée de break, aucune. Comme maman, plus particulièrement, on se fait souvent dire qu’il est important de ne pas s’oublier comme femme. Dans les temps qu’on vit, on ne se cachera pas que ce conseil, pourtant si important, est plutôt difficile, voire impossible à appliquer. On l’aime notre bulle, plus que tout, mais on commence à avoir fait le tour et on tourne un peu en rond.


Cette réflexion m’est venue suite à trois belles soirées faciles seules avec mes filles (puisque papa travaille de soir cette semaine). Seule où je n’ai pas arrêté et pas pu profiter de l’absence de mon chum pour inviter une amie à écouter L'Amour est dans le pré lorsque les bébés étaient couchés et pouvoir être beaucoup trop heureuse d’être contente d’écouter notre émission de filles.

Dans les dernières journées, je me suis répétée souvent la phrase plus haut et ça m’a permis de me centrer sur tout ce qu’elles m’apportent dans mon quotidien. Définitivement, le fait d’avoir vécu les derniers mois en confinement nous aura rapproché comme jamais de nos enfants, mais nous aura, par la bande, fait travailler sur nous-même comme jamais il nous aura probablement été donné de le faire.

La nuit dernière, ma petite, qui s’endort généralement seule, s’est blottie contre moi pour le dodo et est tombée endormie, sur moi, le temps de la berceuse. Je suis restée collée avec elle de longues minutes à fredonner. Et ainsi, malgré des journées plus difficiles, je ne m’étais pas sentie aussi bien qu’à cet instant, et ce depuis longtemps. Donc oui, «maybe in raising children you lose your mind a bit... but you find your soul».


Lever la main ceux et celles qui ont parfois le goût de pleurer en p’tite boule et parfois envie de croquer leur marmaille tellement ils les aiment !?



Par Myriam Gilbert


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